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Fragments - Alexandre LABORIE

Rendez-vous plage Sud

7 Mai 2020, 15:12pm

Publié par laborie.fragments

 

Je t’attends solitaire, assis sur cette plage

lorsque je vois, soudain, une silhouette poindre
Le soleil perce enfin, révélant ton visage

Plus de doute à présent, je cours pour te rejoindre

 

Nos mains se serrent fort, nos bouches se dévorent

Filant vers l’horizon, retrouvant notre allure

Nous parlons sans tabou et chaque mot explore

Nos regrets, nos erreurs et toutes nos blessures

 

Dans ce songe naïf, je ne te quitte plus

Nos regards sur le monde fondent un nouveau lien

Au creux de cette nuit, dans ce temps suspendu

J’ai rêvé que mon rêve avait rejoint le tien.

 

Alexandre LABORIE

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Hopper

7 Avril 2020, 15:18pm

Publié par Alexandre LABORIE

Les jours se suivent et se ressemblent

Une atmosphère s’insinue

Depuis ma fenêtre il me semble

Qu’un nouveau monde est advenu

 

Comme un décor de cinéma

Abandonné depuis longtemps

Plus d’acteurs ni de caméra

La rue est vide et elle attend.

 

Dans le café d’en face

Ne reste qu’une table

Oubliée sur la terrasse

 

Et puis ce silence dans l’air

Comme dans un tableau de Hopper…..

 

Les oiseaux ont baissé la garde

Et se posent sur le bitume

La gargouille, d’en haut, regarde

La ville qui s’offre à la brume

 

Comme un parfum d’apocalypse

C’est le désert sur les trottoirs

Les hommes, loin, sont des ellipses

Terrés du matin jusqu’au soir

 

Dans le café d’en face

Laissé sur une ardoise

Le menu, chaque jour s’efface

 

Et toujours ce silence dans l’air

Comme dans un tableau de Hopper….

 

Alexandre LABORIE

 

 

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Mon amie en l'île

22 Mars 2020, 18:17pm

Publié par laborie.fragments

Je garde auprès de moi tout le fracas du monde,

Le regard de l’enfant, sur la route, en exil ;

Ces terres opprimées où la révolte gronde,

Le long chemin de ceux qui cherchent un asile.

 

J’emporte le silence et toutes mes questions,

Ces phrases commencées qui jamais ne s’achèvent,

Les idées qui se perdent en point de suspension,

Ce frisson permanent devant les heures brèves.

 

C’est ainsi mon amie que je m’en viens à toi,

Tout au bout du chemin, sur cette île bretonne,

En haut de l’escalier, la chambre sous les toits,

Et la musique, en bas, de ta voix qui fredonne.

 

Je découvre les livres par toi déposés

Au chevet de mon lit. Comme on fait d’une gamme,

En découvrant les titres, je déchiffre, amusé,

Les raisons de tes choix qui me réjouissent l’âme.

 

Le soir, le long du quai, tu m’écoutes, patiente,

Te parler de cet homme au cœur de ma mémoire,                                                   

De cet amour qui bat, cette passion violente.

A mes doutes, tu donnes une raison de croire.

 

Ainsi passe le jour, et la nuit je l’écris.

Je freine par les mots ce qui voudrait s’enfuir

Pour célébrer la vie, ses désirs et ses cris.

Je vibre à l’étincelle que je regarde luire.          

 

Alexandre LABORIE

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