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Fragments - Alexandre LABORIE

Disons

21 Mars 2011, 15:30pm

Publié par A.Laborie

Le mur se briserait comme un cri marmonné
Un frôlement d’étoile au goût d’accoutumance
Il ouvrirait la voie au cœur désordonné
Rêvant sur son chemin d’une belle romance.

La proie retrouverait son chant de liberté
Un ciel hospitalier calmerait ses brûlures
Le traqueur par les flots finirait emporté
Un nouvel horizon mènerait la voilure.

Les battements cachés prendraient leur importance
Tapis dans leur tanière nos vérités intimes
Comme nous passagères d’un train en partance
Se sentiraient vivantes comme plus légitimes.

Les frayeurs attirantes auraient cédé leur masque
Elles seraient remplacées par un charmant repos
Des chimères rieuses, accortes et fantasques
Tiendraient sur ces beaux jours de fabuleux propos.

Alexandre LABORIE

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Combat

21 Mars 2011, 15:28pm

Publié par laborie.fragments

Angoisse lancinante, qu’annonces-tu encore ?
Quels secrets, de ton cœur, s’apprêtent à surgir
De quel pays intime ta fleur va t elle éclore ?
Et devant son poison, saurais-je réagir ?

Je lutte, mais souvent, tu sais comment me vaincre
Tu diffuses la peur et son odeur me hante
Ce danger n’est qu’impasse, je voudrais m’en convaincre
L’engrenage m’attire, l’engrenage me tente

Tu ignores pourtant la force qui m’anime
Et ne mesure point la violence terrible
Qui sommeille en mon âme que tu penses victime
A tes yeux je demeure la meilleure des cibles.

Tes racines m’obsèdent, je les sens très anciennes
Elles se rappellent à moi comme un vieux cauchemar
Je combats sans relâche et je supplie que vienne
L’éclaircie au matin triomphant du brouillard.


Alexandre LABORIE

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Le phare

21 Mars 2011, 15:25pm

Publié par laborie.fragments

Le phare, perdu.

Touché au cœur, mais pas coulé

Se dresse au milieu des ruines

Dans l’eau croupie, l’odeur d’urine

 

C’est là que je l’ai rencontré

Assis par terre sur le gravier

Ce beau jeune homme qui m’a souri

Un jour d’été en Somalie

 

Mâchant du qat, fumant du hasch

On a discuté un instant

De tout, de rien, du temps trop lâche

Des rêves à vivre en grandissant

 

En haut du phare il m’a parlé

De la vie d’ici, autrefois

Les marchands d’or sur les allées

Les familles le soir sur les toits

 

Du ballet des longues voitures

Qui se garaient à l’ambassade

L’effervescence entre les murs

Le front de mer et ses ballades

 

C’était le temps de ses parents

La guerre a tout changé depuis

Du phare où nous tuons le temps

C’est le silence de l’oubli

 

C’est l’herbe recouvrant les pierres

Quelques objets ici ou là

Que le vent fait sortir de terre

Sourde angoisse du calme plat

 

Et ce phare qui ne sert plus

Aux voyageurs perdus en mer

C’est l’âme de tous les disparus

De ce jeune homme qui espère.

 

 

Alexandre LABORIE

 

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