Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Fragments - Alexandre LABORIE

Well Aged, Hernan Bas

16 Décembre 2013, 21:01pm

Publié par laborie.fragments

tumblr mxe2j2f4Mh1qehaoio1 500

Voir les commentaires

Vital

2 Décembre 2013, 20:30pm

Publié par laborie.fragments

J’écris sur cette feuille pour lancer quelque chose en direction de quelqu’un.

Une chose que je ne connais pas, quelqu’un que je ne connais pas.

Pourtant j’écris, si je n’aligne pas ces mots, je sais ce qui m’attend.

Ce vide qui appelle le vide, ce vertige de la voix perdue, de ce monde bloqué dans la gorge, aussi violent que l'indifférence.

Il y a mon reflet dans ce miroir et ce rictus sur mes lèvres, esquisse d'une lucidité froide.

L’insaisissable soudain saisi.

Le souvenir des nuits d’amour (mais était-ce de l’amour ?) que je poursuis le jour venu, le temps qui passe, cette obscurité brute chargée de renoncements, de lâchetés, cet autre qui n’est autre que moi, tous ces masques soudain enlevés, en même temps.

J’écris dans cette seconde-là, celle du dévoilement, et je le fais pour des raisons parallèles et contradictoires : je regarde en face autant que je fuis, je garde autant que j’oublie.

Je plonge façon mineur dans mes désordres majeurs et mon stylo arrache un charbon que je brûle au feu de cette page.

Ecrire dans cette seconde pour en trouver une autre plus sereine.

Se droguer à ce rituel, à cette hésitation, à ce moment que je sais inéluctable et que je joue à repousser pour me faire peur, à ces couloirs sur les côtés, que j’emprunte en attendant, comme autant d’impasses choisies et assumées.

Se droguer à cette peur et finir par la combattre.

Ecrire, ma seule certitude en réalité.

Mais une certitude cachée, une lumière fragile mais fidèle qu’il faut extraire des obscurités qui me composent.

J’écris, j’aligne mes mots qui n’ont rien d’aligné, je sais, je sens la chaleur de ce sang qui se renouvelle au fil des phrases, cette mâchoire qui se desserre, autorisé par cet élan, je gagne mon petit répit, mon droit à pouvoir rester ensuite à observer le monde comme halluciné par ce qu’il me révèle.
L’écriture est autant la jouissance de la possibilité de la route que la jouissance de la route elle même.

Les combats intérieurs, les révoltes éternelles, ces visages et ces corps imprimés à jamais, les images émouvantes d’une mémoire retrouvée et toutes ces immensités que je voudrais saisir dans mes bras sont la sève de cet élan.

Pour atteindre cette seconde, celle d’un souffle supplémentaire et provisoire.

Vital.

 

Alexandre LABORIE

 

Voir les commentaires

A la volée n°3

8 Novembre 2013, 21:09pm

Publié par laborie.fragments

(Pour ceux qui ont lu "Pays provisoire", j'y évoque ces mots, ces petits bouts de phrases que j'attrape et que je note en croisant quelq'un dans la rue, dans le métro, au café, au travail, dans le bus...
J'ai eu envie de les rassembler, d'organiser leur rencontre dans une série de textes intitulés "à la volée").


Aujourd’hui, c’est la Toussaint, on amène papy au cimetière

Au bout d’un moment, il faut bien s’avouer vaincu

Bon alors, qu’est-ce qu’on fait ?
J’sais pas

Ah oui, ça serait pas mal, ça

S’il n’y avait pas eu l’affaire Betancourt, personne ne connaîtrait la Colombie

Elle dit des trucs horribles à son mec et à son fils

Moi aussi, je vais m’endurcir

J’ai lu un article, ça m’a donné envie

J’avais pas de vie, faut arrêter le délire, là

Si elle ne me parle pas aujourd’hui, je la supprime de partout

Les ordinateurs de la FAC, ils datent de la préhistoire

Putain, mais qu’est-ce que tu fais là ?

Il faut que je me fasse exorciser

C’est maintenant qu’il faut le faire, tant qu’on n'a pas d’enfant.

Il était à un vernissage, il est sorti fumer une clope et il est tombé raide dans la rue.

On s’en fout, ça ne va pas le traumatiser

J’étais chez Evelyne, elle a été opérée du pied

Il en manque un, prends-en trois !

J’ai la phobie des clowns

Il veut me manger

Comment elle m’a  trouvé, Véronique ?
Con !

J'ai pas fait exprès, j'te jure !

Je suis contente, je n’ai pas eu à faire ma valise aujourd’hui
Forcément, tu ne pars pas demain

Décidément, tout le monde va à New-York

J’ai besoin de la radio dans les oreilles pour m’endormir, mais après, ça me réveille

Ils ont un module pour ça

C’est une femme qui doit souffrir dans sa chair, dans sa tête et dans son portefeuille

Elle boit ?
Si elle boit, c’est plus facile.

…………


A la volée (N°1)        
A la volée (N°2)









    

Voir les commentaires